Il fallait bien qu'un jour , l'automne arrive , avec sa cohorte de feuilles rousses et or jetées , à la face du vent , j'aime les voir glisser ainsi , sur des routes incertaines et invisibles , pour venir en douceur , paver les calades pentues de Provence , se jouant du vent , riant de tout , pour devenir de petits tas sages comme des images posées là , tout en bas des villages , tout contre les portes , restées sourdes à leurs appels muets à se faire admettre , au sein de ces intérieurs sentant si bon l'encaustique et la tarte aux pommes . Lever les yeux , en direction de ces petits matins brumeux devenus , si humides à force d'averses orageuses c'est commencer à admettre , que l'été et ses rires légers , s'en étaient allés sans bruit sur la pointe des pieds , été , devenu passé , comme poussé ou porté plus loin par le temps qui passe , c'est frissonner plus fort de nostalgie que du froid murmure du vent , frissonner pour peu que l'on soit couvert que d'un fil soyeux ............
C'est la saison des pommes des coings , et des potirons .....des sucreries si douces en bouches celles qui flattent nos sens gourmands
Je sais depuis peu , que cette chaise posée , là , tout contre l'ombre rassurante , d'un petit village perché de Provence , baigné par les chuchotements cristallins d'une fontaine toute proche et par les souvenirs d'un autre temps ceux de Sade présent le long de ces ruelles aux galets aussi usés que le temps qui s'y écoule doucement , cette chaise , si fragile restera sans surprise , dans l'avenir vide , vide de sens , vide de toute espérance , moi qui souhaitais tant y voir un jour mon rêve s'y asseoir ....mais les rêves ne se réalisent jamais , ce ne sont , que des rêves de ceux qui se doivent de le rester ! je devrais pourtant , le savoir moi ...., si ...lucide , mais , j'avais tant espéré ... je sais que ce chagrin , ne saura me quitter .....
Ce soir j'emprunte cette ruelle dont , je n'arrive toujours pas à retenir le nom , ce soir , je rentre comme tous les soirs, ce soir, je rentre dans mon village , un autre village tout aussi beau et perché que celui de la chaise vide , dans ce village que j'aime tant , ce soir ...je le croise , lui , avec ses grands yeux à la Morgan moi , avec mon objectif braqué sur lui ...ce soir il attend , il attend qu'on lui ouvre la porte tout comme les feuilles d'automne qui ont des rêves de chat ronronnant au coin du feu.... je le caresse ...mes pensées sont déjà ailleurs , vers cette chaise ... d'un village ou je n'irai plus dont je n'espère plus rien .



